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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


4.2. Sécurité alimentaire - Transferts d’argent liquide et de bons d’achat

Les transferts d’argent liquide et de bons d’achat représentent deux formes d’aide : les transferts d’argent liquide apportent de l’argent, alors que les transferts de bons d’achat fournissent aux gens des tickets pour acheter une certaine quantité d’un produit donné, par exemple de la nourriture (bons de marchandises), ou acheter pour un certain montant (bons à valeur monétaire). Bien que leur conception et leurs objectifs diffèrent, les transferts d’argent liquide et de bons d’achat ont en commun une optique de marché, puisque les bénéficiaires reçoivent du pouvoir d’achat.

Les transferts d’argent liquide et de bons d’achat sont utilisés pour répondre aux besoins alimentaires et non alimentaires essentiels, et pour permettre aux gens de reprendre une activité économique. Les allocations inconditionnelles (ou non ciblées ou « universelles ») en argent liquide ne sont assorties d’aucune condition sur la manière d’utiliser l’argent. Si toutefois des besoins essentiels ont été notés lors de l’évaluation, il est entendu que cet argent serait utilisé pour y répondre. Si l’on a reconnu le besoin de soutenir les activités de subsistance ou de production, l’argent distribué doit servir à cette fin. Les allocations inconditionnelles peuvent avoir leur place au début d’une situation d’urgence. Les allocations conditionnelles, quant à elles, sont liées à des utilisations particulières, comme la reconstruction d’une maison, la rétribution de main-d’œuvre, la création ou la restauration de moyens de subsistance, ou le recours aux services de santé. Les bons d’achat donnent accès à une gamme prédéterminée de produits (par exemple, nourriture, bétail, semences, outils) ou de services (par exemple, meules à grains, transports, accès au marché ou à des échoppes, prêts bancaires). Les bons ont soit une valeur monétaire, soit une valeur-produits. Ils doivent être utilisés dans certains magasins, avec certains marchands ou prestataires de services, ou dans le cadre de foires. Les programmes de bons doivent s’aligner sur les standards du secteur concerné. Les programmes de bons d’alimentation, par exemple, doivent viser les standards 1 à 3 et 6 sur la sécurité alimentaire – transferts de vivres.

Pour choisir les types de transfert les plus appropriés (vivres, argent liquide ou bons d’achat), il faut analyser le contexte, notamment le rapport coût-efficacité, les impacts secondaires sur le marché, la flexibilité des transferts, les ciblages, et les risques d’insécurité et de corruption.