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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


Annexe 1

Aide-mémoire pour l’évaluation de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance

D’une manière générale, les évaluations de la sécurité alimentaire classent souvent les membres de la population qui a subi une catastrophe par groupes de subsistance, selon leurs sources de revenus ou de nourriture et les stratégies qu’ils emploient pour se les procurer. Il peut également y avoir un découpage de la population en groupes ou strates de richesse. Il est important de comparer la situation du moment avec la situation d’avant la catastrophe en matière de sécurité alimentaire. On peut prendre comme point de comparaison une année dite « moyenne ». Les rôles et les vulnérabilités spécifiques des femmes et des hommes, et leurs conséquences pour la sécurité alimentaire des ménages, seront également pris en considération.

L’aide-mémoire ci-après couvre les grands domaines généralement pris en compte lors d’une évaluation de la sécurité alimentaire.

  1. Sécurité alimentaire des groupes de subsistance
    • Y a-t-il, au sein de la population, des groupes qui ont les mêmes stratégies de subsistance ? Comment peuvent-ils être classés en fonction de leurs principales sources de nourriture ou de revenus ?
       
  2. Sécurité alimentaire avant la catastrophe (point de référence)
    • Comment les différents groupes de subsistance se procuraient-ils de la nourriture ou des revenus avant la catastrophe ? Si l’on prend une année moyenne dans un passé récent, quelles étaient leurs sources de nourriture et de revenus ?
       
    • Comment ces différentes sources de nourriture et de revenus variaient-elles selon les saisons pendant une année normale ? (Il sera peut-être utile d’établir un calendrier saisonnier.)
       
    • Si l’on repense aux cinq à dix dernières années, comment la sécurité alimentaire a-t-elle varié d’une année à l’autre ? (Il sera peut-être utile d’établir un tableau chronologique ou un historique des bonnes et des mauvaises années.)
       
    • Quels types de biens, d’économies ou d’autres réserves les différents groupes de subsistance possèdent-ils (stocks alimentaires, économies en numéraire, cheptel, investissements, crédits, créances non réclamées, etc.) ?
       
    • Sur une période d’une semaine ou d’un mois, quels sont les postes de dépense des ménages, et quel est le pourcentage consacré à chaque poste ?
       
    • Qui est chargé de gérer l’argent du ménage, et à quoi l’argent est-il dépensé ?
       
    • Le marché le plus proche permettant de se procurer des produits de base est-il accessible ? (Prendre en compte la distance, la sécurité, la facilité de déplacement, la disponibilité d’informations sur les marchés, les moyens de transport, etc.)
       
    • Quelle est la disponibilité des produits essentiels, y compris alimentaires, et à quel prix ?
       
    • Avant la catastrophe, quel était le pourcentage moyen des sources essentielles de revenus consacré à la nourriture (la part du salaire consacrée à la nourriture, la part du cheptel destinée à la nourriture, etc.) ?
       
  3. Sécurité alimentaire durant la catastrophe
    • Comment la catastrophe a-t-elle touché les différentes sources de nourriture et de revenus pour chacun des groupes de subsistance identifiés ?
       
    • Comment a-t-elle agi sur les schémas saisonniers habituels de sécurité alimentaire pour les différents groupes ?
       
    • Comment a-t-elle fait sentir ses effets sur l’accès aux marchés, la disponibilité et les prix des produits essentiels ?
       
    • Pour les divers groupes de subsistance, quelles sont les différentes stratégies d’adaptation et quel est le pourcentage de personnes qui les emploient ?
       
    • Comment cet aspect a-t-il changé par rapport à la situation d’avant la catastrophe ?
       
    • Quel groupe est le plus touché ?
       
    • Quels sont les effets à court et à moyen termes des stratégies d’adaptation sur les avoirs, financiers et autres, des personnes ?
       
    • Pour tous les groupes de subsistance et toutes les personnes vulnérables, quels sont les effets des stratégies d’adaptation sur leur santé, leur bien-être en général et leur dignité ? Y a-t-il des risques associés aux stratégies d’adaptation ?