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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


Annexe 1

 

Aide-mémoire pour l’évaluation initiale des besoins en matière d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de promotion de l’hygiène

Cette liste de questions est principalement destinée à évaluer les besoins, identifier les ressources indigènes et décrire les conditions locales. Elle n’aborde pas la question des ressources externes nécessaires en sus de celles qui sont immédiatement disponibles au niveau local.

 

1 Généralités

  • Combien de personnes ont été touchées par la catastrophe et où se trouvent-elles ? Ventilez les données autant que possible en fonction du sexe, de l’âge, des handicaps, etc.
     
  • Quels sont les trajets que feront probablement ces personnes ? Quels sont les facteurs à prendre en compte pour assurer leur sécurité et celle des interventions potentielles d’aide humanitaire ?
     
  • Quelles sont les maladies courantes, actuelles ou potentielles, liées à l’eau et à l’assainissement ? Quelle est l’étendue probable et l’évolution prévisible des problèmes ?
     
  • Qui sont les principales personnes qu’il faudra consulter ou avec lesquelles il faudra prendre contact ?
     
  • Qui sont les personnes vulnérables au sein de la population et pourquoi ?
     
  • Y a-t-il un accès égal pour tous aux installations existantes, notamment dans les endroits publics, les centres de santé et les écoles ?
     
  • Quels sont les risques particuliers en matière de sécurité pour les femmes, les filles et les personnes vulnérables ?
     
  • Quelles étaient les pratiques en matière d’eau et d’assainissement auxquelles la population était habituée avant la catastrophe ?
     
  • Quelles sont les structures de pouvoir formelles et informelles (par exemple, dirigeants locaux, anciens, groupes de femmes) ?
     
  • Comment les décisions sont-elles prises dans les familles et dans la communauté ?

2 Promotion de l’hygiène

  • Quelles étaient les pratiques en matière d’eau et d’assainissement auxquelles la population était habituée avant la catastrophe ?
     
  • Quelles pratiques sont nuisibles pour la santé, qui les utilise et pourquoi ?
     
  • Quelles personnes continuent d’avoir des habitudes d’hygiène positives, et qu’est-ce qui leur permet de les conserver et les motive ?
     
  • Quels sont les avantages et les inconvénients de toute proposition de changement dans les habitudes ?
     
  • Quels sont les moyens de communication et de travail social de proximité existants, formels ou informels (agents de santé communautaires, accoucheuses traditionnelles, guérisseurs traditionnels, clubs, coopératives, églises, mosquées, etc.) ?
     
  • Y a-t-il un accès aux médias dans la région (radio, télévision, vidéo, journaux, etc.) ?
     
  • Qu’y a-t-il comme médias et/ou organisations non gouvernementales (ONG) au niveau local ?
     
  • Quels segments de la population faut-il cibler (mères, enfants, dirigeants locaux, préposés à la cantine communautaire, etc.) ?
     
  • Quel type de système d’action de proximité pourrait fonctionner dans ce contexte (volontaires, clubs-santé, comités, etc.) pour assurer une mobilisation à la fois à court et à moyen termes ?
     
  • Quels sont les besoins d’apprentissage parmi le personnel et les volontaires chargés de la promotion de l’hygiène ?
     
  • Quels sont les produits non alimentaires disponibles, et quels sont les plus urgents en fonction des préférences et des besoins ?
     
  • Quelle est l’efficacité des pratiques d’hygiène dans les établissements médicaux (particulièrement important en cas d’épidémie) ?

3 Approvisionnement en eau

  • Quelle est la source d’eau utilisée actuellement et qui sont les utilisateurs ?
     
  • Quelle est la quantité d’eau disponible par personne et par jour ?
     
  • À quelle fréquence journalière/hebdomadaire l’approvisionnement en eau est-il disponible ?
     
  • L’eau disponible à la source suffit-elle pour les besoins à court terme et à long terme de tous les groupes de la population ?
     
  • Les points d’approvisionnement en eau sont-ils suffisamment proches des lieux d’habitation ? Sont-ils sûrs ?
     
  • L’approvisionnement en eau actuel est-il fiable ? Combien de temps durera-t-il ?
     
  • Les personnes touchées par la catastrophe disposent-elles d’un nombre suffisant de récipients de dimensions et de type appropriés ?
     
  • La source d’eau est-elle contaminée ou risque-t-elle de l’être (contamination microbiologique ou chimique/radiologique) ?
     
  • Y a-t-il un système de traitement de l’eau ? Un traitement est-il nécessaire ? Est-il possible? Quel genre de traitement faut-il ?
     
  • La désinfection est-elle nécessaire, même si l’eau fournie n’est pas contaminée ?
     
  • Y a-t-il d’autres sources d'eau possibles à proximité ?
     
  • Quelles sont les croyances et les pratiques traditionnelles concernant la collecte, le stockage et l’utilisation de l’eau ?
     
  • Y a-t-il des obstacles à l’utilisation des sources d’approvisionnement en eau disponibles ?
     
  • Est-il possible de déplacer la population si les sources d’eau sont insuffisantes ?
     
  • Est-il possible de fournir de l’eau au moyen de camions-citernes si les sources d’eau sont insuffisantes ?
     
  • Quels sont les principaux problèmes d’hygiène liés à l’approvisionnement en eau ?
     
  • Les personnes touchées par la catastrophe disposent-elles des moyens d’utiliser l’eau de façon hygiénique ?
     
  • Dans le cas d’un déplacement en zone rurale, quelle est la source habituelle d’approvisionnement en eau pour le bétail ?
     
  • Doit-on s’attendre à un impact sur l’environnement résultant d’éventuelles e mesures d’approvisionnement en eau, de prélèvement de l’eau et d’utilisation des sources d’eau ?
     
  • Quels sont actuellement les autres utilisateurs des sources ? Y a-t-il un risque de conflit si les sources sont utilisées pour la nouvelle population ?

4 Évacuation des excréments

  • Quelle est la pratique actuelle en ce qui concerne la défécation ? S’il s’agit de défécation à l’air libre, y a-t-il une zone désignée ? Cette zone est-elle sûre ?
     
  • Quelles sont les croyances et les pratiques actuelles, y compris celles spécifiques à chaque sexe, concernant l’évacuation des excréments ?
     
  • Y a-t-il des installations prévues à cet effet? Dans l’affirmative, sont-elles utilisées, 
sont-elles suffisantes et fonctionnent-elles bien ? Peuvent-elles être agrandies ou adaptées ?
     
  • La pratique actuelle en matière de défécation représente-t-elle une menace pour les réserves d’eau (eaux de surface ou eaux souterraines), pour les espaces d’habitation ou pour l’environnement en général ?
     
  • Les personnes touchées par la catastrophe se lavent-elles les mains après la défécation et avant la préparation et la consommation de nourriture ? Ont-elles du savon ou d’autres produits pour se laver ?
     
  • Ces personnes sont-elles au courant de la construction de toilettes et de la manière de les utiliser ?
     
  • Quels sont les matériaux disponibles localement pour construire des toilettes ?
     
  • Les personnes touchées par la catastrophe sont-elles disposées à utiliser des latrines à fosse, des terrains de défécation, des tranchées, etc. ?
     
  • Y a-t-il assez de place pour les terrains de défécation, les latrines à fosse, les toilettes, etc. ?
     
  • Quelle est la pente du terrain ?
     
  • Où se situe le niveau hydrostatique ?
     
  • L’état du sol se prête-t-il à l’évacuation sur site des excréments ?
     
  • Les dispositions actuelles en matière d’évacuation des excréments encouragent-elles les vecteurs de maladies ?
     
  • Y a-t-il du matériel ou de l’eau disponibles pour la toilette anale ? Comment les gens éliminent-ils normalement ce matériel ?
     
  • Comment les femmes gèrent-elles les questions liées à la menstruation ? Y a-t-il du matériel ou des installations appropriés disponibles à cet effet ?
     
  • Y a-t-il à disposition des installations ou un équipement spécifique qui permettent l’accès aux sanitaires pour les personnes handicapées ou les patients immobilisés dans un centre médical ?
     
  • Quels aspects environnementaux devraient être évalués ?

5 Maladies à vecteurs

  • Quels sont les risques de maladies à vecteurs, et à quel point ces risques sont-ils graves ?
     
  • Y a-t-il des croyances (par exemple, la croyance que le paludisme est causé par une eau insalubre) et des pratiques traditionnelles liées aux vecteurs et aux maladies qu’ils transmettent ? Certaines d’entre elles sont-elles utiles ou, au contraire, néfastes ?
     
  • Si les risques de maladies à vecteurs sont élevés, les personnes menacées ont-elles accès à une protection individuelle ?
     
  • Est-il possible d’apporter des changements à l’environnement local (en recourant au drainage, au débroussaillage, à l’évacuation des excréments, à l’élimination des ordures, etc.) pour prévenir la prolifération des vecteurs ?
     
  • Est-il nécessaire de lutter contre les vecteurs par des moyens chimiques ? Quels sont les programmes, la réglementation et les ressources existants en matière de lutte antivectorielle et d’utilisation des substances chimiques ?
     
  • Quelles informations faut-il donner et quelles précautions faut-il prescrire aux ménages ?

6 Gestion des déchets solides

  • L’accumulation des déchets solides constitue-t-elle un problème ?
     
  • Comment les personnes touchées par la catastrophe se débarrassent-elles de leurs déchets ? Quels sont les types et les quantités de déchets solides produits ?
     
  • Les déchets solides peuvent-ils être éliminés sur site, ou faut-il les enlever et les éliminer en dehors du site ?
     
  • Quelle est la pratique normale concernant l’élimination des déchets solides pour la population touchée par la catastrophe (compost ou trous à ordures, système de ramassage, poubelles, etc.) ?
     
  • Y a-t-il des installations et des activités médicales génératrices de déchets ? Comment ces déchets sont-ils éliminés ? Qui en est chargé ?
     
  • Où les serviettes hygiéniques sont-elles jetées, et leur élimination se fait-elle de manière discrète et efficace ?
     
  • Quel est l’impact du système actuel d’élimination des déchets solides sur l’environnement ?

7 Drainage

  • Y a-t-il un problème de drainage (par exemple, inondation d'habitations ou de toilettes, sites de reproduction des vecteurs, eau polluée qui contamine les zones d’habitation ou les réserves d’eau) ?
     
  • Le sol a-t-il tendance à être détrempé ?
     
  • Les personnes touchées par la catastrophe ont-elles les moyens de protéger leurs habitations et leurs toilettes contre les inondations locales ?
     
  • Les points d’eau et les bains sont-ils bien drainés ?