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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


Annexe 3

Aide-mémoire pour l’évaluation de la situation nutritionnelle

Voici des exemples de questions pour les évaluations portant sur les causes profondes de la sous-alimentation, le niveau de risque nutritionnel et les interventions possibles. Les questions sont basées sur le cadre conceptuel des causes de la sous-alimentation. Les informations seront vraisemblablement disponibles auprès d’une variété de sources, et il faudra, pour les collecter, recourir à un éventail d’outils d’évaluation, notamment des entretiens avec des informateurs clés, l’observation et l’examen des données secondaires (voir également les standards essentiels 1, 3 et 4).

Avant la situation d’urgence
 

  1. Quelles informations existent quant à la nature, à l’ampleur et aux causes de la sous-alimentation dans la population touchée ? (Voir le standard 2 sur l’évaluation de la sécurité alimentaire et de la situation nutritionnelle.)

Risque existant de sous-alimentation

  1. Le risque de sous-alimentation lié à l’accès à la nourriture - voir l’annexe 1 : Aide-mémoire pour l’évaluation de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance.
     
  2. Le risque de sous-alimentation lié à l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et aux pratiques de soins :
    • Observe-t-on un changement dans les schémas de travail et les schémas sociaux (par exemple, à cause de migrations, de déplacements ou de conflits armés) entraînant un changement des rôles et des responsabilités dans les ménages ?
       
    • Observe-t-on un changement dans la composition normale des foyers ? Y a-t-il un nombre important d’enfants séparés de leur famille ?
       
    • L’environnement de soins normal a-t-il été perturbé (par exemple, par un déplacement), ce qui compromet l’accès aux « soignants secondaires » (personnes prenant soin de l’enfant autres que la personne en charge habituellement), l’accès à la nourriture pour les enfants, l’accès à l’eau, etc. ?
       
    • Y a-t-il des nourrissons qui ne sont pas nourris au sein ? Y a-t-il des nourrissons nourris au lait artificiel ?
       
    • A-t-on observé ou soupçonné une baisse des bonnes pratiques en matière d’alimentation des nourrissons pendant la phase d’urgence, en particulier concernant l’initiation de l’allaitement au sein ou les taux d’allaitement exclusif au sein, une augmentation du taux d’alimentation au lait artificiel ou une augmentation du pourcentage d’enfants non nourris au sein ?
       
    • Est-il possible de trouver des suppléments alimentaires sûrs, adaptés à chaque âge et adéquats sur le plan nutritionnel, et peuvent-ils être préparés de façon hygiénique ?
       
    • A-t-on observé ou soupçonné une distribution générale, gratuite ou non, de substituts du lait maternel, par exemple de lait maternisé, d’autres produits laitiers, de biberons et de tétines ?
       
    • Dans les communautés pastorales, les troupeaux ont-ils été éloignés des jeunes enfants pendant longtemps ? L’accès au lait a-t-il changé ?
       
    • Le VIH et le sida ont-ils eu des répercussions sur les pratiques de soins dans les familles ?

       
  3. Le risque de sous-alimentation lié à une mauvaise santé publique (voir le chapitre Santé)
    • A-t-on signalé des flambées de maladies qui pourraient se répercuter sur l’état nutritionnel, comme la rougeole ou les maladies diarrhéiques aiguës ? De telles flambées risquent-elles de survenir ? (Voir les standards 1 à 3 sur les services de santé essentiels – lutte contre les maladies transmissibles)
       
    • Quelle est la couverture vaccinale estimée contre la rougeole au sein de la population touchée par la catastrophe ? (Voir le standard 1 sur les services de santé essentiels – santé infantile)
       
    • La vitamine A est-elle administrée systématiquement lors de la vaccination contre la rougeole ? Quelle est la couverture estimée de la supplémentation en vitamine A ?
       
    • A-t-on estimé les taux de mortalité (soit bruts, soit des moins de 5 ans) ? Quels sont-ils et quelle méthode a été utilisée ? (Voir le standard 1 sur les services de santé essentiels)
       
    • Y a-t-il, ou y aura-t-il, une diminution significative de la température ambiante susceptible de modifier la prévalence d’infections respiratoires aiguës ou les besoins énergétiques de la population touchée ?
       
    • La prévalence de l’infection à VIH est-elle importante ?
       
    • Les gens sont-ils déjà exposés à la sous-alimentation en raison de leur pauvreté ou d’une mauvaise santé ?
       
    • Y a-t-il surpopulation, ou existe-t-il un risque ou une prévalence élevée de tuberculose ?
       
    • Y a-t-il une forte incidence de paludisme ?
       
    • Les gens ont-ils passé de longues périodes dans l’eau ou dans des vêtements mouillés ? Ont-ils été exposés de manière prolongée à d’autres conditions environnementales éprouvantes ?
       
  4. Quelles sont les structures locales, formelles et informelles, actuellement en place par l’intermédiaire desquelles des interventions pourraient être réalisées ?
    • Quelle est la capacité du ministère de la Santé, des organisations religieuses, des groupes de soutien communautaire, des groupes de soutien à l’allaitement au sein ou des ONG présentes à long ou à court termes dans la région ?
       
    • Quelles interventions en matière de nutrition ou quel soutien communautaire étaient déjà en place avant la catastrophe, organisés par des communautés locales, des particuliers, des ONG, des organisations gouvernementales, des agences onusiennes, des organisations religieuses, etc. ? Quels sont les politiques relatives à la nutrition (passées, en cours ou tombées en désuétude), ainsi que les interventions et programmes à long terme prévus en matière de nutrition qui sont mis en œuvre ou planifiés pour répondre à la situation actuelle ?