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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


Standard 1 sur l’approvisionnement en eau : accès à l’eau et quantité

Toutes les personnes ont un accès sûr et équitable à l’eau, en quantité suffisante pour couvrir les besoins en boisson, cuisson des aliments et hygiène personnelle et domestique. Les points d’eau publics sont situés suffisamment près des ménages pour leur permettre d’utiliser le minimum d’eau requis.


 
Actions clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

 

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d’orientation)

Notes d’orientation

  1. Choix des sources d’eau : les facteurs à prendre en compte sont la disponibilité, la proximité et la durabilité d’une quantité suffisante d’eau, si oui ou non il est nécessaire de traiter l’eau, et la faisabilité de ce choix eu égard notamment à l’existence de facteurs sociaux, politiques ou juridiques éventuels concernant la source. En général, l’approvisionnement à partir de la nappe phréatique ou l’approvisionnement par gravité à partir de sources naturelles sont préférables, car ils requièrent moins de traitement et n’exigent pas de pompage. Les situations de catastrophe demandent souvent une combinaison d’approches et de sources durant la phase initiale. Toutes les sources doivent faire l’objet d’un suivi régulier pour éviter leur surexploitation.
     
  2. Besoins : les quantités d’eau nécessaires à l’usage domestique dépendent du contexte et peuvent varier selon le climat, les installations sanitaires disponibles, les habitudes des gens, leurs pratiques religieuses et culturelles, les aliments qu’ils préparent, les vêtements qu’ils portent, etc. Plus le logement est proche du point d’eau, plus la consommation d’eau a tendance à augmenter. Quand c'est possible, on peut dépasser une quantité de 15 litres par personne et par jour pour se conformer à une norme locale qui serait plus élevée.



    Pour des indications relatives aux quantités minimums d’eau nécessaires pour les institutions, notamment, voir l’annexe 2 : Quantités minimums d’eau pour les institutions et autres utilisations. Concernant les besoins en eau pour l’élevage dans les situations d’urgence, voir Normes et directives pour l’aide d’urgence à l’élevage (Livestock Emergency Guidelines and Standards, LEGS), dans Références et bibliographie complémentaire.
     
  3. Mesure : les enquêtes auprès des ménages ainsi que l’observation et les groupes de discussion communautaires constituent, pour la collecte de données concernant l’utilisation et la consommation d’eau, des méthodes plus efficaces que la mesure du volume d’eau pompée dans le réseau d’eau courante ou par les pompes manuelles.
     
  4. Quantité et couverture : dans les situations de catastrophe et en attendant que les normes minimums relatives à la quantité et à la qualité de l’eau soient atteintes, on assurera en priorité un accès équitable à une quantité suffisante d’eau, même si elle est de qualité moyenne. Les personnes touchées par une catastrophe présentent une vulnérabilité sensiblement accrue face à la maladie. Les indicateurs relatifs à la quantité et à l’accessibilité de l’eau doivent donc être respectés, même s’ils dépassent les normes de la population affectée ou de la population d’accueil. Il faut veiller particulièrement à répondre aux besoins des personnes qui, en raison de leur état de santé, doivent avoir une quantité d’eau supplémentaire, par exemple les personnes vivant avec le VIH/sida. En cas de sécheresse, on fera en sorte de répondre aux besoins en eau du bétail et des cultures. Afin d’éviter de susciter une quelconque hostilité, il est recommandé de veiller à ce que la couverture d’approvisionnement en eau et d’assainissement prenne en compte de manière égale les besoins de la population d’accueil et ceux de la population affectée (voir l’annexe 2 : Quantités minimums d’eau pour les institutions et autres utilisations).
     
  5. Nombre maximum de personnes par source d’eau : le nombre de personnes par source dépend du débit et de la disponibilité de l’eau à chaque source. À titre indicatif, il faut compter de la manière suivante :



    Ces chiffres se basent sur l’hypothèse que le point d’eau n’est accessible qu’environ huit heures par jour, à débit constant ; si l’accès est possible plus longtemps, les personnes peuvent collecter plus que la quantité minimum journalière de 15 litres. Il faut utiliser ces valeurs cibles avec prudence, car le fait qu’elles soient atteintes ne garantit pas forcément une quantité minimum d’eau ni un accès équitable.
     
  6. Temps passé à faire la queue : si le temps passé à faire la queue est excessif, cela indique que l’eau disponible est insuffisante, soit du fait d’un nombre trop faible de points d’eau, soit à cause d’un débit insuffisant). Les résultats négatifs potentiels d’une attente excessive sont la réduction de la consommation par personne, l’augmentation de la consommation d’eau provenant de sources de surface non protégées, et le fait que les personnes chargées de collecter l’eau ont moins de temps disponible pour d’autres occupations essentielles à leur survie.
     
  7. Accès et équité : même si une quantité suffisante d’eau est disponible pour pourvoir aux besoins minimums, il faudra peut-être prendre des mesures supplémentaires pour que tous les groupes y aient un accès équitable. Les points d’eau doivent se situer dans des zones accessibles à tous, indépendamment du sexe ou de l’ethnie, par exemple. Des pompes manuelles et des récipients pour le transport de l’eau devront éventuellement être conçus ou adaptés pour pouvoir être utilisés par les personnes vivant avec le VIH/sida, les personnes âgées ou handicapées et les enfants. Dans les situations où l’eau est rationnée ou pompée à certains moments seulement, il faudra planifier ceci en consultant les utilisateurs, y compris les femmes.