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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


Standard 1 sur l’évacuation des excréments : un environnement sans excréments humains

L’environnement en général et, plus spécifiquement, l'habitat, les zones de production alimentaire, les centres publics et les abords de sources d'eau potable ne sont pas contaminés par des excréments humains.



Actions clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Appliquer immédiatement des mesures appropriées de confinement des excréments (voir la note d’orientation 1).
     
  • Procéder à une consultation rapide avec la population touchée par la catastrophe sur les pratiques sans risque en matière d'évacuation des excréments et d'hygiène (voir le standard 1 sur la promotion de l'hygiène, notes d’orientation 1 à 6).
     
  • Mener une campagne concertée de promotion de l'hygiène portant sur l'évacuation sans risque des excréments et l'utilisation d'installations appropriées (voir le standard 1 sur la promotion de l'hygiène, notes d’orientation 1 à 6).

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • L’environnement dans lequel vit la population touchée par la catastrophe n’est pas contaminé par des excréments humains (voir les notes d’orientation 1 et 2).
     
  • Toutes les mesures de confinement des excréments, à savoir les latrines en tranchées, les latrines à fosse et les puits perdus se situent à au moins 30 mètres de toute source d’eau souterraine, et le fond des latrines et des puits perdus est à au moins 1,5 mètre au-dessus du niveau hydrostatique (voir la note d’orientation 3).
     
  • Lors d'inondations ou quand le niveau hydrostatique est élevé, des mesures appropriées sont prises pour régler le problème de la contamination des sources d’eau souterraine par des excréments humains (voir la note d’orientation 3).
     
  • Le drainage ou le débordement des systèmes de défécation ne contaminent pas l’eau de surface ni les sources d’eau souterraine peu profondes (voir la note d’orientation 3).
     
  • Les toilettes sont utilisées de la façon la plus hygiénique possible, et les excréments des enfants sont évacués immédiatement et de manière hygiénique (voir la note d’orientation 4).



Notes d'orientation

  1. Évacuation sans risque des excréments : le but de l'évacuation sans risque des excréments est de faire en sorte que l'environnement ne soit pas contaminé par la présence de défécations un peu partout. Immédiatement après une catastrophe et en même temps qu'un plan de gestion de l'évacuation des excréments est mis en place, on pensera à entreprendre une première campagne de nettoyage, à délimiter et clôturer des zones de défécation, et à construire des toilettes collectives après en avoir choisi l’emplacement. Selon le contexte, une méthode par étapes sera la solution la plus efficace au problème d’assainissement constaté.On associera a tous les groupes de la population touchée par la catastrophe à la réalisation des activités d'évacuation sans risque des excréments. Lorsqu’il ne fait pas partie des habitudes de la population d’utiliser des toilettes, il sera nécessaire de mener une campagne concertée de promotion de l’hygiène afin d’encourager l’évacuation sans risque des excréments et de créer une demande pour la construction de toilettes supplémentaires. Dans les catastrophes survenant en milieu urbain, où les systèmes d’égouts existants pourraient être endommagés, on évaluera la situation et on envisagera d’installer des toilettes portables ou d’utiliser des fosses septiques ou des réservoirs pouvant être régulièrement vidangés. L’extraction des boues, leur manutention, leur transport et leur évacuation finale feront l’objet d’une attention particulière.
     
  2. Zones de défécation : durant la phase initiale d’une catastrophe et si du terrain est disponible, il faut délimiter une zone de défécation et/ou construire des latrines en tranchées. Cela ne fonctionnera que si le site est correctement géré et entretenu, et si la population concernée comprend l’importance d’utiliser les installations fournies et sait où elles se trouvent.
     
  3. Distance entre les systèmes de défécation et les sources d’eau : les puits perdus, les latrines en tranchées et les toilettes devraient se situer à au moins 30 mètres des sources d’eau, et le fond des fosses à au moins 1,5 mètre au-dessus du niveau hydrostatique. Ces distances doivent être augmentées en présence de roches fissurées ou de calcaire, ou au contraire réduites pour les sols à texture fine. Dans certaines interventions lors de catastrophes, la pollution des eaux souterraines ne sera peut-être pas une préoccupation immédiate si l’eau ne doit pas être utilisée directement pour la boisson. Il faudra plutôt procéder au traitement de l’eau dans les ménages ou choisir une autre option (voir le standard 2 sur l’approvisionnement en eau, note d’orientation 6). En cas d’inondation ou quand le niveau hydrostatique est élevé, il faudra éventuellement construire des toilettes surélevées ou des fosses septiques afin de contenir les excréments et de les empêcher de contaminer l’environnement. Il est également impératif que les boues drainées ou débordant des fosses septiques ne contaminent pas les sources d’eau souterraine ou de surface.
     
  4. Confinement des excréments d’enfants : on fera particulièrement attention à l’évacuation des excréments d’enfants, lesquels sont généralement plus dangereux que ceux des adultes (on constate souvent plus d’infections liées aux excréments chez les enfants, qui n’ont peut-être pas encore développé d’anticorps). Il faut informer les parents et l’entourage sur l’évacuation sans risque des excréments d’enfants, sur les bonnes pratiques en matière de lessive, et sur l’utilisation de couches, de pots pour enfants ou de pelles pour gérer efficacement et hygiéniquement l’évacuation des excréments.