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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


Standard 1 sur la gestion des déchets solides : ramassage et élimination

La population touchée par une catastrophe vit dans un environnement qui n’est pas souillé par les déchets solides, y compris les déchets médicaux, et dispose de moyens pratiques et efficaces pour éliminer les ordures ménagères.
 
 
Actions clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

 

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d’orientation)

Notes d’orientation

  1. Planification et mise en œuvre : l’élimination des déchets solides doit être planifiée et réalisée après consultation et en coordination étroites avec la population touchée par une catastrophe et les agences et autorités compétentes. Cette activité doit commencer dès le début de l’intervention, avant qu’un problème de déchets solides ne devienne un risque de santé majeur pour la population concernée. Selon le contexte, on organisera des campagnes périodiques de nettoyage, en consultation avec la population affectée et les autorités locales responsables.
     
  2. Enfouissement des déchets : si les déchets doivent être enfouis sur site, que ce soit dans des trous à ordures prévus pour chaque ménage ou dans des fosses collectives, ils doivent être recouverts tous les jours d’une fine couche de terre afin de ne pas attirer des vecteurs comme les mouches et les rongeurs, et de ne pas leur servir de lieu de reproduction. Si des excréments ou des couches d’enfants sont jetés, ils doivent être immédiatement recouverts de terre. On clôturera les décharges afin d’empêcher tout accident et d’éviter que les enfants et les animaux n’y aient accès. Il faut également veiller à empêcher la contamination des eaux souterraines par les lixiviats.
     
  3. Type et quantité des ordures : les ordures produites par les habitats varient beaucoup en composition et en quantité, selon le niveau et le type d’activité économique, les aliments de base consommés et les pratiques locales en matière de recyclage et/ou d’élimination des déchets. L’impact des déchets solides sur la santé des personnes doit être évalué, et il conviendra de prendre des mesures appropriées, s’il y a lieu. Les ordures ménagères doivent être collectées dans des poubelles en vue de leur enfouissement ou de leur incinération. S’il est impossible de fournir une poubelle par ménage, des poubelles collectives doivent être mises à disposition. Le recyclage des déchets solides au sein de la communauté doit être encouragé, à condition qu’il ne présente aucun risque sérieux pour la santé. Il faudra éviter de distribuer des marchandises qui génèrent une grande quantité de déchets solides du fait de leur emballage ou de leur traitement sur site.
     
  4. Déchets médicaux : la mauvaise gestion des déchets médicaux expose la population, les agents de santé et les éboueurs au risque d’infections, d’effets toxiques et de blessures. Dans une situation de catastrophe, les types de déchets les plus dangereux sont vraisemblablement les déchets infectieux, piquants/tranchants ou non (pansements, tissus tachés de sang, matières organiques comme les placentas, etc.). Les différents types de déchets doivent faire l’objet d’un tri à la source. Les déchets non infectieux (papier, emballages en plastique et déchets alimentaires, par exemple) peuvent être jetés comme les autres déchets solides. Les objets piquants ou tranchants contaminés, en particulier les aiguilles et les seringues usagées, devront être placés dans une boîte de sécurité immédiatement après utilisation. On peut éliminer les boîtes de sécurité et les autres déchets infectieux sur site en les enfouissant, en les incinérant ou par toute autre méthode sûre (voir le standard 1 sur les systèmes de santé, note d’orientation 11).
     
  5. Déchets des marchés : la plus grande partie des déchets des marchés peut être traitée de la même manière que les ordures ménagères. Les déchets des abattoirs et des marchés au poisson nécessiteront éventuellement un traitement particulier et des installations spéciales pour éliminer les déchets liquides produits, et faire en sorte que l’abattage soit réalisé dans des conditions d’hygiène satisfaisantes et conformément à la législation locale. Les déchets des abattoirs peuvent souvent être jetés dans une grande fosse munie d’un couvercle située à côté de l’abattoir ou de l’unité de traitement du poisson. On peut faire couler le sang et les autres liquides de l’abattoir et de l’unité de traitement du poisson jusqu’à la fosse par un canal de drainage recouvert de dalles (ce qui devrait permettre de réduire l’accès des mouches à la fosse). De l’eau doit être mise à disposition pour le nettoyage.
     
  6. Décharge contrôlée de déchets et/ou centre d’enfouissement technique : l’élimination de grands volumes de déchets doit se faire en dehors du site, soit dans une décharge contrôlée, soit dans un centre d’enfouissement technique. Cette méthode ne sera possible que si l’on dispose de suffisamment de place et si l’on a accès à des équipements mécaniques. L’idéal est que les déchets versés dans une décharge contrôlée soient recouverts de terre à la fin de chaque journée, ce qui évitera d’attirer les charognards ou de favoriser la reproduction des vecteurs.
     
  7. Sécurité du personnel : tous les membres du personnel qui s’occupent du ramassage, du transport, de l’élimination et du recyclage des déchets solides doivent être équipés de vêtements de protection, c’est-à-dire au minimum de gants, mais idéalement aussi de combinaisons, de bottes et de masques de protection. Le cas échéant, il faut les vacciner contre le tétanos et l’hépatite B. On doit leur fournir du savon et de l’eau pour qu’ils puissent se laver les mains et le visage. Les membres du personnel qui manipulent des déchets médicaux doivent être informés des méthodes correctes d’entreposage, de transport et d’élimination de ces déchets, et des risques découlant d’une mauvaise exécution de ces opérations.
     
  8. Prise en charge des dépouilles : la prise en charge et l’enterrement des dépouilles après une catastrophe naturelle doivent se faire de la manière appropriée et dans le respect de la dignité. D’habitude, ce sont les équipes de recherche et de récupération qui s’en occupent, en coordination avec les autorités et les agences gouvernementales responsables. L’inhumation des personnes décédées de maladies transmissibles doit elle aussi se faire de manière appropriée, en consultation et en coordination avec les autorités sanitaires (voir le standard 1 sur les systèmes de santé, note d’orientation 12). On trouvera un complément d’informations sur la manière appropriée de procéder aux inhumations dans la section Références et bibliographie complémentaire.