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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


Standard 1 sur les services de santé essentiels ‒ lutte contre les maladies transmissibles : prévention

La population touchée par une catastrophe a accès à des informations et des services visant à prévenir les maladies transmissibles qui contribuent dans la mesure la plus importante à une morbidité et une mortalité excessives.
 

Actions clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

Indicateur clé (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

Note d'orientation

  1. Mesures générales de prévention : elles portent notamment sur le bon aménagement du site, la fourniture d'eau salubre et de systèmes d'assainissement adaptés, l’accès à des installations sanitaires, la vaccination contre des maladies spécifiques, l’approvisionnement en nourriture saine et en quantité suffisante, la protection personnelle et la lutte antivectorielle, l’éducation à la santé communautaire et la mobilisation sociale. La plupart de ces interventions doivent être développées en coordination avec d'autres secteurs parmi lesquels :
  2. Prévention du paludisme : mise en œuvre de mesures de prévention du paludisme en fonction du risque d'infection, de la phase de la situation d'urgence et de la mobilité de la population, du type d'abris et du comportement des vecteurs locaux dans les régions endémiques. Les mesures de lutte antivectorielle comme les pulvérisations à effet rémanent à l'intérieur des logements au moyen d'insecticides efficaces, et la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA), doivent être guidées par les enquêtes entomologiques et les avis d’experts. Pour être efficaces en tant que mesure de lutte antivectorielle dans la communauté, les pulvérisations d'insecticides à effet rémanent dans les logements doivent être effectuées dans au moins 80% des logements. Les MILDA garantissent une protection personnelle à long terme et constituent la solution standard de choix. Il est déconseillé de distribuer des moustiquaires non traitées (voir le standard 2 sur les articles non alimentaires et les standards 1 à 3 sur la lutte antivectorielle).

    La définition des priorités pour la distribution des MILDA aux groupes à risque dépend de la phase de la catastrophe où l'on se trouve et du niveau de transmission du paludisme. Pendant la phase initiale d’une catastrophe dans des régions de transmission forte ou modérée du paludisme, les patients hospitalisés, les personnes souffrant de malnutrition grave et les membres de leur ménage, les femmes enceintes et les enfants de moins de 2 ans doivent avoir la priorité. Viennent ensuite les personnes inscrites dans les programmes de supplémentation alimentaire, les enfants de moins de 5 ans, les familles des femmes enceintes et des enfants de moins de 2 ans. Finalement, toute la population à risque doit être protégée par les MILDA. Pendant la phase initiale d’une catastrophe dans des régions à faible transmission, les MILDA doivent être utilisées en milieu clinique (par exemple, les centres résidentiels de renutrition thérapeutique et les hôpitaux).
     
  3. Prévention de la dengue : la lutte antivectorielle (contre les larves et les insectes adultes) est la principale méthode de prévention de la dengue. Les interventions sont déterminées par les données de surveillance relatives à la distribution des cas humains et à la densité du vecteur. Il faut cibler les sites de reproduction les plus productifs, qui varient d'un endroit à l'autre. Dans les zones urbaines, les moustiques du genre Aedes se reproduisent dans des récipients de stockage de l'eau et d'autres lieux artificiels d'accumulation d'eau (gobelets en plastique, pneus usagés, bouteilles cassées, pots de fleurs, etc.). La méthode la plus efficace de réduction du nombre de sites de reproduction consiste à vider périodiquement les récipients et à les enlever. L'eau stockée dans les logements doit toujours rester couverte, et les récipients doivent être nettoyés et frottés chaque semaine. La population touchée par la catastrophe doit recevoir des récipients munis d’un couvercle pour stocker l'eau. Le traitement des récipients au moyen d'un larvicide autorisé est lui aussi efficace pour éliminer les larves. La pulvérisation d'insecticides permet de réduire le nombre de moustiques adultes. Il faut aussi promouvoir les mesures de protection personnelle (voir le standard 2 sur les articles non alimentaires et les standards 1 à 3 sur la lutte antivectorielle).