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La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire


Standard 1 sur les services de santé essentiels ‒ santé mentale : santé mentale

La population touchée par une catastrophe a accès à des services de santé qui peuvent prévenir ou réduire les problèmes de santé mentale et les incapacités fonctionnelles qui y sont associées.
 

Actions clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

Indicateur clé (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

Notes d'orientation

  1. Entraide et soutien social communautaires : l’entraide et le soutien social communautaires sont des éléments clés de l'aide multisectorielle globale relative à la santé mentale et au soutien psychosocial (voir la figure ci-après) (voir le standard essentiel 1 et le principe de protection 3, note d'orientation 15, le principe de protection 4, notes d'orientation 9 à 13). Les agences de santé emploient ou engagent souvent des agents communautaires et des volontaires capables d'aider les membres de la communauté, y compris les personnes marginalisées, à renforcer les mécanismes d'entraide et de soutien social.


     
  2. Premiers secours psychologiques : la meilleure façon de prendre en charge l'anxiété aiguë après une exposition à des facteurs de stress extrême (événements traumatisants) est de suivre les principes des premiers secours psychologiques, souvent considérés à tort comme une intervention clinique. En fait, il s'agit plutôt d'une démarche humaine d'assistance à l'un de nos semblables qui souffre et a peut-être besoin d'aide. Ces premiers secours comportent des soins élémentaires, non intrusifs et pragmatiques, l’accent étant mis sur l'écoute sans forcer l’autre à parler, l'évaluation des besoins et des préoccupations, la réponse aux besoins essentiels, l’encouragement d’un soutien social de la part d’autres personnes qui comptent et la protection contre tout dommage supplémentaire. Le débriefing psychologique (c'est-à-dire faciliter la décharge en encourageant la personne concernée à raconter brièvement mais de manière systématique les perceptions, pensées et réactions émotionnelles qu'elle a vécues pendant un récent événement stressant) est, au mieux, inefficace et doit être évité. De même, il faut éviter les benzodiazépines pour traiter une détresse aiguë, car ces molécules peuvent interférer avec la récupération naturelle.
     
  3. Soins de santé mentale de base : les problèmes de santé mentale peuvent avoir été provoqués par une situation d'urgence, ou avoir existé au préalable, ou les deux. Les personnes souffrant de problèmes de santé mentale graves doivent avoir accès à un réseau d'appui social à base communautaire ainsi qu’à des soins cliniques dispensés par les services de santé existants (hôpitaux généraux, consultation de soins de santé primaires, etc.). L'organisation des soins cliniques de base en matière de santé mentale signifie généralement, soit la mise en place d'une formation rapide et d'une supervision du personnel généraliste, soit l’ajout d'un professionnel de la santé mentale à la consultation. Les médicaments psychotropes et antiépileptiques essentiels doivent être disponibles. Les personnes qui recevaient un traitement de santé mentale avant la crise doivent avoir la possibilité de le poursuivre.
     
  4. Personnes placées en institutions : les hôpitaux psychiatriques et les résidences pour personnes souffrant de problèmes mentaux graves doivent être visités régulièrement, surtout en début de crise, car le risque de négligence caractérisée ou de mauvais traitements envers les personnes placées en institution est extrêmement élevé. Tout au long de la crise, il faut veiller à la sécurité, à la satisfaction des besoins physiques essentiels (eau, nourriture, abri, hygiène et soins médicaux), au respect des droits humains, et à la fourniture de soins psychiatriques et psychosociaux de base.
     
  5. Relèvement précoce : les crises humanitaires augmentant les taux de nombreux troubles mentaux, des plans doivent être mis en place pour développer un système de santé mentale qui permettra d'accroître efficacement la couverture thérapeutique de ces troubles dans toute la zone touchée (voir le standard essentiel 4).